Les relations sociales médiatisées :

29, août 2006

Les relations sociales fixes, permanentes sont petit à petit remplacées par des relations sociales médiatisées, éphémères.

1. La relation homme – homme est remplacée par la relation homme – marchandise pour maximiser les marchés de marchandises et parce que l’obsolescence de la marchandise peut être programmée, celle de la relation homme – homme moins.

2. Les relations homme – homme qui subsistent sont de plus en plus médiatisées pour maximiser les marchés de biens de communication et pour maximiser l’obsolescence de la relation homme – homme. En effet, on communique avec des individus situés loin dans l’espace et dans le temps. Ces relations sont moins profondes que les relations face à face et durent moins longtemps. On communique avec des individus chosifiés et démultipliés (les artistes qui deviennent des choses – cassettes – qui se démultiplient). Pour prouver que la relation permanente diminue avec l’économie capitaliste, il suffit de recenser d’un siècle à l’autre pour un individu la quantité d’autres individus avec lesquels il fut, sur une année, en contact (direct ou médiat) . On pourrait constater une progression exponentielle témoin de la démultiplication des relations. Pour justifier cela, on parlera de liberté, d’ère de la communication etc. En fait, la raison est d’ordre économique : la démultiplication des parcelles de liens médiats (payants) discontinus (répétition du payage) remplace la relation permanente directe.


Création de ce qui nous rassemble (p.2) :

28, août 2006

Pourquoi « Ce qui nous rassemble » devrait-il être créé alors que l’on naît directement inséré dans des structures sociales (famille, quartier, école etc) qui s’imposent à nous et que l’on ne crée pas. Pour que les gens pensent leurs relations sociales en terme de création, il faudrait qu’ils sentent un manque, une absence à combler.

Or, on assiste à une déstructuration des anciennes instances sociales (famille, école etc) et leur remplacement par des structures économiques (médias, entreprise etc). D’où, pas de sentiment de manque puisque l’économique supplée cette disparition. Mais sentiment nostalgique (les anciennes instances) car ce qui remplace laisse un goût amer dans la bouche. Le marché crée en effet une relation fugace, éphémère basée sur le changement, la liberté de choix là où existait auparavant une relation stable, ancrée dans la tradition. D’un côté, l’argent assure la flexibilité totale de la relation qui peut être interrompue à tout moment ou entamée à tout moment (sentiment d’omnipotence) ; mais l’argent crée aussi un sentiment d’insécurité (si on manque d’argent, on perd tout ; à force de changer, on perd toute attache certaine). Et puis, le nouveau modèle économique de la relation nécessite une activation permanente (il faut choisir ; il faut acheter pour être relier) alors que dans l’ancien modèle, la relation était acquise une fois pour toutes (à la naissance).