Le local est une logique d’emblée globale : la logique du local consiste à poser d’emblée chaque entité locale comme autonome (de la même manière que la méthode analytique qui légitimise le découpage de portions de réel autonomes). Cette prise de position est globale ; elle pose le global comme composé de multitudes de locals dissociés, parallèles.
De même, la consommation instaure une logique du local dissocié (autonomie des consommateurs) : le capitalisme est donc en prise au niveau local en jouant sur l’individu perfectible – moteur de consommation : l’individu comme lieu de retravail, transformation, remodelage sans fin.
Pour suivre l’inspiration de Sloterdijk, auparavant, seul l’individu comme producteur était visé par le capitalisme ; d’où la domestication du travailleur. De nos jours, c’est l’individu comme consommateur qui est visé par le capitalisme : pour ce faire, il n’est plus seulement acteur dans un processus de production mais acteur dans un processus de consommation et cette activité-là est totale, sans limite, elle touche au génotype : l’individu n’est plus un moyen (travailleur dans le processus de production) mais une fin (espaces, lieux, foyers consommatifs). Aussi, l’individu pour devenir travailleur ne nécessite qu’un processus de domestication (phénotype); par contre, pour devenir consommateur, il nécessite une transformation en prodondeur (génotype). Dès lors qu’on désarticule l’individu pour y extraire de nouveaux foyers consommatifs, on le vulnérabilise, l’insécurise sciemment car le but recherché est qu’il mette en branle un acte de consommation sous couvert d’un désir de sécurisation.
Publié par poissonrouge