Critique de la logique du local :

29, août 2006

Le local est une logique d’emblée globale : la logique du local consiste à poser d’emblée chaque entité locale comme autonome (de la même manière que la méthode analytique qui légitimise le découpage de portions de réel autonomes). Cette prise de position est globale ; elle pose le global comme composé de multitudes de locals dissociés, parallèles.

De même, la consommation instaure une logique du local dissocié (autonomie des consommateurs) : le capitalisme est donc en prise au niveau local en jouant sur l’individu perfectible – moteur de consommation : l’individu comme lieu de retravail, transformation, remodelage sans fin.

Pour suivre l’inspiration de Sloterdijk, auparavant, seul l’individu comme producteur était visé par le capitalisme ; d’où la domestication du travailleur. De nos jours, c’est l’individu comme consommateur qui est visé par le capitalisme : pour ce faire, il n’est plus seulement acteur dans un processus de production mais acteur dans un processus de consommation et cette activité-là est totale, sans limite, elle touche au génotype : l’individu n’est plus un moyen (travailleur dans le processus de production) mais une fin (espaces, lieux, foyers consommatifs). Aussi, l’individu pour devenir travailleur ne nécessite qu’un processus de domestication (phénotype); par contre, pour devenir consommateur, il nécessite une transformation en prodondeur (génotype). Dès lors qu’on désarticule l’individu pour y extraire de nouveaux foyers consommatifs, on le vulnérabilise, l’insécurise sciemment car le but recherché est qu’il mette en branle un acte de consommation sous couvert d’un désir de sécurisation.


Analyse des relations sociales :

29, août 2006

La relation sociale “normale” repose sur des liens non pas évanescents mais constants (mariage, parent-enfant etc). Elle est directe, en face-à-face.

La relation sociale médiane est momentanée, activée et désactivée en fonction de l’usage du média. Dépendante du média, la disparition du média entraîne l’interruption de la relation. Cette relation est conditionnée. Le média est nécessaire pour que la relation subsiste. Il est un intermédiaire obligé.

A la différence de la consommation où la relation disparaît dès que la marchandise est entièrement consummée, ici, la relation perdure sous perfusion.

La relation économique consommateur – vendeur est fugace, le temps de la transaction, alors que la jovialité du vendeur laisse croire que le consommateur restera fidèle. Or, sa fidélité ne repose que sur le prix et la comparaison des prix avec des concurrents.

D’ailleurs, le vendeur n’est pas le but de la relation ; il n’est qu’un intermédiaire. Le but, c’est la marchandise. Le vendeur en tant qu’intermédiaire est d’ailleurs remplacé par des machines (distributeurs etc).