29, août 2006
“…lutter…” “…incarner et préfigurer ce que nous voulons créer…”A présent, je suis un plus circonspect face aux propos de Starhawk:- s’il faut lutter pour créer le monde que nous voulons créer, alors ce monde sera un monde de luttes;
- s’il faut vouloir créer le monde pour qu’il se crée alors dans le
monde futur, il faudra toujours compter sur cette volonté pour le
maintenir tel qu’on veut qu’il soit.
Moi, j’imagine un monde futur sans luttes et sans volonté permanente!
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La sorcellerie capitaliste - Stengers | Tagué : monde, Starhawk |
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Publié par poissonrouge
29, août 2006
Nous croyons être acteurs alors que nous sommes agis. Nous sommes pétris de modes de rationalités, de logiques de pensée qui agissent à travers nous. Ma quête est de les décrire dans leurs articulations non pas du dehors, en occupant une position de surplomb mais de l’intérieur, en me mettant en scène comme agi par eux.
Et j’aimerais tant que de ces processus qui me traversent émergent des produits de pensée humbles, tolérants, généreux, ouverts, hospitaliés.
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La sorcellerie capitaliste - Stengers | Tagué : logique, processus, rationalité |
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Publié par poissonrouge
29, août 2006
Donc, collectif local – problème – pensée collective – différence = événement
Problème : comment passe-t-on de la pensée telle qu’elle est envisagée ailleurs dans le livre (pensée individuée non représentable) à la pensée collective ?
Je crois qu’il y a des millénaires, du temps d’avant le symbole, la pensée était locale (tribu, clan) mais qu’avec l’icône puis le symbole, elle est devenue de plus en plus globale, institutionalisée, codifiée, exercice d’un pouvoir de plus en plus étendu (cfr. Pharaons et les cartouches : le pharaon est le seul être individué, les autres sont des collectifs comme les paysans etc) . Avec l’extension grandissante des sociétés vient la disparition du local pour l’universel (les concepts etc). Donc, l’exercice d’une pensée à l’heure actuelle, c’est d’emblée l’exercice d’une pensée globale, universelle. Il est impossible de faire resurgir une pensée locale sinon par lavage de cerveau ! Par contre, il est possible de se diriger de cette pensée globale vers une pensée + localisée (cfr. Nietzsche et la généalogie) en privilégiant la contiguïté dans la communication et les idiomes locaux (lutte pour la survie des langues et dialectes).
Penser, ce n’est pas faire resurgir du tréfonds de soi quelque chose qui serait occulté par la pensée officielle. Non, car notre pensée est forgée par la socialisation institutionnalisée. Il faut confronter notre pensée, la coltiner à d’autres pensées issues d’autres temps (du passé – Dionysos) ou d’autres lieux (la Chine etc). C’est plutôt une praxis de désintoxication (un parcours qui part d’un endroit et prend une direction ) et non pas un désencorcellement (un coup de baguette magique qui lève le voile , la brume qui enveloppe notre raison). Quand on s’accoquine avec d’autres pensées, on se rend compte que notre pensée rationnelle, scientifique est tellement contingente, singulière comme pour Bachelard, le réel est une des actualisations possibles du rationnel).
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La sorcellerie capitaliste - Stengers | Tagué : Chine, contiguïté, Dionysos, icône, indice, socialisation, symbole |
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Publié par poissonrouge
29, août 2006
C’est la raison qui a besoin.
Donc pour que la raison vaille (aie de la valeur) elle a besoin que les gens qui portent cette raison pensent.
Donc : les gens possèdent une raison qui vaut si ils pensent: on ne peut pas représenter la raison de quelqu’un.
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La sorcellerie capitaliste - Stengers | Tagué : représentation |
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Publié par poissonrouge
29, août 2006
Le local est une logique d’emblée globale : la logique du local consiste à poser d’emblée chaque entité locale comme autonome (de la même manière que la méthode analytique qui légitimise le découpage de portions de réel autonomes). Cette prise de position est globale ; elle pose le global comme composé de multitudes de locals dissociés, parallèles.
De même, la consommation instaure une logique du local dissocié (autonomie des consommateurs) : le capitalisme est donc en prise au niveau local en jouant sur l’individu perfectible – moteur de consommation : l’individu comme lieu de retravail, transformation, remodelage sans fin.
Pour suivre l’inspiration de Sloterdijk, auparavant, seul l’individu comme producteur était visé par le capitalisme ; d’où la domestication du travailleur. De nos jours, c’est l’individu comme consommateur qui est visé par le capitalisme : pour ce faire, il n’est plus seulement acteur dans un processus de production mais acteur dans un processus de consommation et cette activité-là est totale, sans limite, elle touche au génotype : l’individu n’est plus un moyen (travailleur dans le processus de production) mais une fin (espaces, lieux, foyers consommatifs). Aussi, l’individu pour devenir travailleur ne nécessite qu’un processus de domestication (phénotype); par contre, pour devenir consommateur, il nécessite une transformation en prodondeur (génotype). Dès lors qu’on désarticule l’individu pour y extraire de nouveaux foyers consommatifs, on le vulnérabilise, l’insécurise sciemment car le but recherché est qu’il mette en branle un acte de consommation sous couvert d’un désir de sécurisation.
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La sorcellerie capitaliste - Stengers | Tagué : consommation, dissociation, global, local, production, Sloterdijk |
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Publié par poissonrouge
29, août 2006
- la prise est locale comme l’expérimentation s’adresse à un morceau de réel localisé
- la prise est atomisation d’un substrat ; elle est visée atomisante comme si le réel était disjoint : le local disjoint devient alors pertinent; c-à-d qu’on peut en maîtriser la logique sans déborder le local.
- la prise présuppose un preneur (le chercheur) et un pris (le réel) ce qui entre en contradiction avec la politique (les gens se prennent en main sans l’intervention d’un meneur d’expérience) car ou bien le chercheur mène une expérimentation et alors, on peut dire que le réel est mobilisé dans le cadre du dispositif de l’expérimentation, ou bien cela se passe par devers lui sans aucune intervention.
- unicité de la prise (la prise) correspondant à origine localisée des structures dissipatives : une variation localisée s’étend de proche en proche pour former la structure dissipative. Donc une seule prise peut gagner en ampleur et révolutionner le tout.
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La sorcellerie capitaliste - Stengers | Tagué : atomisation, dispositif, expérimentation, structures dissipatives |
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Publié par poissonrouge
29, août 2006
Décortiquer les choses de pensée (les gros mots : Société etc), cela s’apprend de la même manière que l’enfant apprend à démonter ses jouets. Si par exemple, les parents empêchaient leurs enfants de démonter leurs jouets, jamais il n’acquerraient cette curiosité, cette praxis. De même, notre société produit de plus en plus d’objets de pensée qui s’imposent comme des fatalités, des processus qui ne se laissent plus appréhender, décortiquer au niveau des individus. La transparence fait place à l’opacité de tous les phénomènes qui de ce fait s’imposent aux gens.
Cette perte de praxis sur leur vie (confiscation de la pensée par des professionnels, des actes de leur vie quotidienne par les entreprises qui font mieux … crée une dépendance, un fatalisme, une fascination, une emprise dont la levée nécessite non pas un simple acte ponctuel (je lève l’emprise, je désensorcelle) mais une contre-éducation, une déploiement de ressources pédagogiques considérables encore plus considérable que le mécanisme d’éducation négative auquel ils ont été soumis jusqu’à présent.
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La sorcellerie capitaliste - Stengers | Tagué : dépendance, praxis, processus, produit, vulnérabilité |
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Publié par poissonrouge
28, août 2006
Lettre à Isabelle Stengers:
Votre livre est en prise sur certains lecteurs (universitaires, familiers des discours sociologique et philosophique). C’est une 1ère victoire. Mais il manque son objet car il ne capte pas l’attention des gens. S’il est en prise sur certains lecteurs, il est également aux prises avec eux : nous sommes partenaires, sur un pied d’égalité. C’est ce que vous voulez, vous qui ne désirez pas faire argument d’autorité. Et c’est tout à votre honneur en tant que scientifiques occupant une position appréciable (pas majoritaire) au sein du champ scientifique. Vous acceptez ainsi de mettre en danger votre savoir et votre pouvoir. Si tous les professionnels de la pensée avait l’intelligence pratique d’agir ainsi (car ils sont en voie d’extinction), je me tracasserais moins quant à la disparition progressive d’un certain mode de pensée. Car vous êtes, nous sommes en voie d’extinction dans le sillage de l’extinction de l’Etat (sous sa forme actuelle, d’Etat-citoyen car il sera remplacé par l’Etat-entreprise) et notre seule planche de salut est de coordonner les multiples pensées en voie de minorisation, disséminées dans ce qui reste des appareils de l’Etat (école, administration, anciens médias etc) pour reformer un contre-pouvoir suffisant pour faire à nouveau prise sur la dynamique sociétale. Mais pour cela, il ne faut pas penser en terme de barque/rapides car les gens regroupés dans la barque ne sont pas « innocents » de la dynamique sociétale actuelle. Cette dynamique n’est pas exclusivement économique, capitaliste. Cette appréhension est réductrice : ce qui merde dans la société déborde le seul phénomène capitaliste ou économique. Les gens n’apprennent pas automatiquement par l’expérience comme si le contact avec les choses comme “nature” causait unilatéralement des transformations déterminées (par l’ontologie de la chose) chez les gens. Il faut avoir étudié l’influence des médias pour savoir que la rétention, l’exposition et la compréhension sélectives opèrent à plein. Il faut réformer le regard des gens ; il n’existe pas un regard ontologique qui réapparaîtrait comme par enchantement lorsqu’on laisse les gens penser par eux-mêmes. Nous avons donc besoin d’un pouvoir qui éduque autrement le regard des gens car ce regard est « éduqué » en continu par les instances économico-médiatiques (publicité, médias). C’est peut-être cela, votre concept de “jeteur de sonde” qui ne veut pas se positionner comme pouvoir pédagogique ?
Ma conception est plutôt la suivante : il n’existe pas d’une part un regard ontologique puis d’autre part, des professionnels de la pensée qui transforment ce regard pour le bénéfice du capitalisme. Il existe des professionnels de la pensée (majoritaires) qui éduquent le regard pour le bénéfice du capitalisme et d’autres professionnels de la pensée qui tentent (minoritairement) de l’éduquer autrement. Pas de regard vierge comme pas de discours vierge, non socialisé, personnel, individuel. Le discours comme le regard est directement un produit social.
Cela ne veut pas dire que dans votre projet ou dispositif d’éducation du regard, il n’existe pas un lieu placé dans le futur où les gens pourront tous développer leur « propre » parole minoritaire sans plus être accompagnés par des professionnels. Comme l’enfant devenu adolescent initie une pensée « personnelle », plus autonome, on peut imaginer un lieu-moment futur où les professionnels de la pensée arrêteront de parler, leur tâche accomplie (comme lors de la phase de disparition de l’Etat dans la théorie marxiste). Mais on ne peut faire l’économie de la création de la pensée (je parle bien sûr d’une pensée critique, subversive, une contre-pensée) !
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La sorcellerie capitaliste - Stengers | Tagué : Etat, ontologie, prise |
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Publié par poissonrouge
28, août 2006
Le fait scientifique est un effet de dispositif.
Le scientifique est un metteur en scène qui dispose les choses sans le savoir puis fait semblant de les découvrir telles quelles.
Le dispositif repose sur :
- le consensus à propos de la mise en scène du fait ou plutôt de l’effet;
- la mise à distance déterminée examinateur – fait (quid de ce que se trouve entre ?)
- la duplicabilité de la mise en scène partout dans le monde;
- le nettoyage des phénomènes pour chosifier, durcir le dispositif et l’effet;
- la vectorisation : dispositif – effet;
- la fixation du dispositif (pour la mise en consensus);
- la localisation dans le temps (fixation : problème de la
permanence induite) et dans l’espace (problème des frontières et de la
discontinuité induite) etc.
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La sorcellerie capitaliste - Stengers | Tagué : dispositif, expérimentation |
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Publié par poissonrouge